Spécialisation en art-thérapie : Art et soins dans une formation

Spécialisation en art-thérapie : Art et soins dans une formation

Article original : lesoir.be

Voici une discipline tout à fait originale, l’art-thérapie. Pas encore reconnue officiellement mais qui se développe de plus en plus en Belgique. C’est pour cette raison que la Haute école libre de Bruxelles, Ilya Prigogine, organisera à partir du mois de septembre une spécialisation d’un an.

L’art-thérapie consiste à traiter, soulager ou prévenir des états de souffrance ou de dysfonction survenant dans des situations critiques. La musique, le théâtre, la peinture ou encore la danse peuvent donc devenir thérapeutiques. « La pratique artistique est un mécanisme intime, explique le docteur Anne Van Maele, fondatrice de la spécialisation. Mettre en contact des personnes fragilisées avec l’art peut créer un effet de levier. Cela leur permet d’extérioriser certains problèmes et les aide à les surmonter. »

Ce médecin pratique déjà depuis quelques années l’art- thérapie. Elle a étudié deux ans la psychiatrie avant de partir cinq ans dans une compagnie de théâtre. Aux États-Unis, elle a suivi des cours universitaire en art-thérapie. Lorsqu’elle est revenue en Belgique, elle est devenue formatrice et a donc eu envie de créer cette section. Elle doit encore préciser les cours qui seront donnés à partir de septembre mais elle est convaincue de la nécessité d’encadrer cette profession qui est d’ailleurs déjà pratiquée dans certaines institutions.

La demande est réelle

Ce sont surtout les hôpitaux ou les instituts spécialisés pour personnes handicapées qui proposent déjà ce type de service. La musique par exemple, est un bon moyen pour les personnes atteintes d’autisme. Elles s’ouvrent alors au milieu extérieur et leur communication peut s’améliorer. La demande est également forte en oncologie. Ils ne servent pas encore de l’art mais cela peut vraiment aider les patients en souffrance. L’art-thérapie peut aussi être utile dans le milieu carcéral. Créer une pièce de théâtre ou des ateliers peinture peut calmer les prisonniers. »

Bien sûr, selon l’institution où se pratique la méthode, le thérapeute devra s’adapter à la déontologie de l’endroit. Il doit aussi pouvoir s’adapter aux patients et ne pas augmenter la souffrance en proposant un exercice non adapté.

L’accès à la formation est particulièrement strict. Pour rentrer dans ce programme, les candidats doivent envoyer un dossier avant le 15 septembre, et prouver une pratique d’un art de minimum cinq ans (musique, théâtre, danse, peinture, sculpture…). Ils doivent également avoir été en contact durant un an avec un milieu d’intervention (associations, prisons, hôpitaux…). Enfin, ils présentent un projet concret d’art-thérapie. « Si le dossier est recevable, nous rencontrerons la personne pour qu’elle nous explique ses motivations. Nous verrons ainsi comment son projet personnel peut s’intégrer dans notre formation. Il faut quand même une grande maturité », poursuit le docteur Anne Van Maele.

En quelques mois, elle a déjà reçu une vingtaine de candidatures. Le nombre maximal de participants sera de 40 afin de ne pas saturer le marché. Les diplômés devront ensuite pouvoir rentrer dans une structure classique de soins. Pour que les étudiants puissent continuer leurs activités, les cours seront à horaires décalés avec une possibilité d’étalement sur deux ans.